• Conférence
14 juin

Les Mercredis de l’Antiquité N°9

#9 Les Ibères et les religions de leurs partenaires (Grecs et Phénico-Puniques)
Auditorium du Musée Fabre
Les Mercredis de l’Antiquité N°9
Mercredi 14 juin / 18:30

/// Auditorium du Musée Fabre ///

Tarif : Entrée libre

#9 Les Ibères et les religions de leurs partenaires (Grecs et Phénico-Puniques)

Même s’ils ont donné leur nom à la péninsule ibérique, les anciens Ibères n’en ont occupé, en fait, que la partie du littoral méditerranéen allant de la région de Murcie aux Pyrénées, et même, au-delà, jusqu’au Languedoc occidental. De par leur situation géographique, ces populations ont maintenu des contacts et des échanges réguliers avec les Grecs installés à Emporion (Empúries-Ampurias, sur la côte nord-est de la Catalogne) depuis le VIe s. av. J.-C., et avec les Phéniciens, dont la présence est attestée sur la côte andalouse dès la fin du IXe s. av. J.-C.. Les contacts on été particulièrement intenses avec Ebusus (Eivissa-Ibiza) à partir du Ve s. av. J-C.
Ces rapports, de nature surtout commerciale, ont provoqué l’adoption par les Ibères de plusieurs traits de la culture matérielle des Grecs et des Phénico-Puniques, mais en général les indigènes ont conservé les traits les plus importants de leur propre culture. On peut même dire que, à la différence d’autres peuples, notamment les Étrusques, ils ont montré, sur plusieurs aspects, une grande froideur par rapport à la culture de leurs partenaires (par exemple, il n’y a même pas un seul emprunt du grec ou du phénicien dans la langue ibérique).
En ce qui concerne les pratiques religieuses, la plupart des manifestations connues correspondent bel et bien aux traditions indigènes, avec seulement quelques exceptions. Par exemple, les terres cuites en forme de tête de Déméter, relativement courantes dans les sites d’habitat, mais pré- sentes aussi dans certaines sépultures, peuvent témoigner d’une idéologie religieuse proche sur certains aspects de celle des Grecs et des Puniques. Il existe aussi des temples inspirés de modèles grecs ou phénico-puniques, que l’on ne retrouve toutefois que dans quelques sites très précis que l’on peut considérer comme des ports de commerce, c’est à dire, les points de contact entre le monde indigène et les marchands méditerranéens.

Joan SANMARTÍ Professeur
Université de Barcelone

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